En bref
- Bouturer un fraisier permet une reproduction fidèle des variétés et réduit le coût de renouvellement du carré potager.
- La période optimale s’étend du début de l’été à l’automne, selon les conditions climatiques et la vigueur des stolons.
- Trois méthodes courantes : bouturage par stolons, bouturage dans l’eau et marcottage ; chaque technique a des exigences de substrat et de soins différents.
- Préparation du sol et choix du terreau conditionnent la réussite de la plantation et la reprise racinaire.
- Suivi régulier (arrosage, éclaircissage, lutte phytosanitaire) garantit une production durable et une meilleure rentabilité du projet jardinage.
Le fraisier demeure une des plantes les plus accessibles pour qui souhaite multiplier sa production sans investissements lourds. Le présent guide met en priorité les techniques efficientes de bouturage et de plantation, les critères de choix du substrat, ainsi que le suivi agronomique à court et moyen terme. En se fondant sur une logique de pyramide inversée, l’essentiel est exposé dès maintenant : la méthode par stolons garantit l’identité variétale, la période de reproduction optimale situe les interventions entre juin et octobre, et des gains économiques notables s’obtiennent en remplaçant des plants vieillissants par des boutures vigoureuses.
Les aspects techniques abordent la mise en œuvre pas à pas, l’équipement requis, les contraintes locales (ombrage, exposition, type de sol) et des repères chiffrés pour l’entretien. Les recommandations prennent en compte les pratiques durables observées en 2025, notamment l’usage de substrats compostés et la réduction des intrants chimiques, ainsi que la possibilité d’adapter la démarche à un balcon ou à une parcelle de 10 m². Le lecteur trouvera des exemples concrets et un tableau comparatif de substrats pour faciliter la décision opérationnelle.
Quand et pourquoi bouturer un fraisier : périodes et enjeux
La pratique de bouturer le fraisier répond à des enjeux agronomiques et économiques précis : maintenir la productivité, préserver la qualité gustative des variétés et réduire le coût de production. Les fraisiers produisent naturellement des stolons — tiges horizontales aériennes — qui portent des plants, vecteurs de reproduction végétative. Leur exploitation permet d’obtenir des plants identiques à la plante mère, sans recours à la semence.
La période d’intervention optimale se situe entre le début de l’été et l’automne. Durant cette fenêtre, la croissance est suffisamment active pour favoriser l’enracinement, tout en évitant le stress hydrique estival excessif. En zones tempérées, il est possible de démarrer fin mai ; en zones plus fraîches, attendre juin-juillet. Pour une reprise hivernale solide, il est recommandé de finaliser la plantation avant le premier froid marqué.
Sur le plan réglementaire, la multiplication à l’échelle domestique n’implique pas d’obligations spécifiques. Toutefois, pour une production commerciale, des règles sanitaires et des normes d’étiquetage existent ; le recours à des plants certifiés peut être requis. D’un point de vue économique, remplacer 20 % d’un parterre vieillissant par des boutures peut réduire les coûts de renouvellement de 30 à 50 % sur trois ans, selon l’efficience des pratiques culturales.
Insight final : choisir la bonne période est la première garantie de réussite ; une intervention mal synchronisée augmente le risque d’échec racinaire et prolonge le délai avant la première récolte. En fil conducteur, penser à la reproductibilité des gestes : planifier, observer, puis standardiser la technique adoptée.
Méthodes de bouturage du fraisier : stolons, eau et marcottage
Trois méthodes dominent la multiplication des fraisiers : le bouturage par stolons, le bouturage dans l’eau et le marcottage. Chacune présente des avantages opérationnels ; le choix dépend des contraintes d’espace, du matériel disponible et du niveau d’exigence sur la durée de reprise.
Bouturage par stolons — méthode standard
Le plus répandu, il consiste à fixer le plant sur un pot rempli de terreau jusqu’à l’enracinement. Étapes : sélection des stolons vigoureux, placement du plant sur le substrat, maintien par une épingle ou une pincette, arrosage modéré et séparation une fois les racines visibles. C’est une méthode rapide, compatible avec la production en pleine terre ou en bacs.
Bouturage dans l’eau — observation et contrôle
Le bouturage dans l’eau permet de visualiser la rhizogenèse et s’avère intéressant pour un petit nombre de plants, en milieu urbain ou pédagogique. Le plant est immergé partiellement, racines en formation visibles en 10–20 jours. Risque : développement de microbes si l’eau n’est pas renouvelée. Cette technique convient à une expérimentation contrôlée mais nécessite un rempotage rapide pour assurer une plantation durable.
Liste du matériel recommandé :
- Pots de 8–12 cm avec bon drainage (perçage minimum 3–4 mm).
- Terreau léger et riche en matière organique, pH 5,5–6,5.
- Sécateur propre et désinfecté (70 % alcool) pour éviter la transmission de virus.
- Épingles métalliques ou pinces pour maintenir les stolons en contact avec le substrat.
- Arrosoir à pomme fine pour un apport d’eau contrôlé.
Insight final : la méthode choisie doit s’inscrire dans une chaîne opératoire reproductible. Pour des opérateurs novices, le bouturage par stolons offre le meilleur compromis entre simplicité et taux de réussite.
Préparation du sol et plantation des jeunes plants
Une attention particulière doit être portée à la qualité du sol et du substrat avant la plantation. Les fraisiers préfèrent un sol meuble, drainant, riche en humus. L’aération des mottes est cruciale pour éviter les asphyxies racinaires et limiter les risques de pourriture.
Exemples de substrats et performances : le tableau ci-dessous présente une comparaison pratique entre substrats courants pour la mise en place de plants issus de bouturage.
| Substrat | Drainage (L/h) | Coût €/L | Durée jusqu’à pleine reprise |
|---|---|---|---|
| Terreau universel amendé (compost 20%) | 0,8 | 0,10 | 3–5 semaines |
| Mélange tourbe/perlite 70/30 | 1,2 | 0,14 | 2–4 semaines |
| Compost mûr + sable 60/40 | 1,0 | 0,06 | 3–6 semaines |
Avant la plantation définitive, veiller au calepinage des rangs pour assurer une bonne circulation d’air et faciliter l’entretien mécanique ou manuel. En culture sur terrasse, privilégier des bacs avec rupteurs thermiques (isolant entre pot et support) pour limiter les variations de température responsables de chocs hydriques.
Un exemple concret : sur une parcelle de 20 m² avec sol argileux, un apport de 5 cm de compost et un sablage léger améliorent le drainage, réduisant la fréquence d’asphyxie racinaire de 40 % la première saison. En milieu urbain, l’emploi d’unités de 10 L par plant favorise la réserve hydrique sans excès.
Un lien utile pour des techniques de bouturage dans l’eau et méthodes de maintien en pot peut être consulté via une fiche pratique sur la méthode de bouturage dans l’eau. Insight final : un substrat adapté et une implantation réfléchie conditionnent la pérennité des plants et la qualité des récoltes futures.

Entretien, soins et surveillance après plantation
Après la plantation, le suivi régulier détermine l’atteinte des objectifs de production. L’arrosage doit maintenir un équilibre hydrique : environ 5–10 L/m² par semaine en période de croissance active, ajusté selon pluviométrie. L’humidité doit rester constante mais sans saturation pour éviter les maladies cryptogamiques.
Fertilisation : un apport azoté modéré au printemps (N 10–12 g/m²) favorise la végétation ; privilégier des engrais organiques localement disponibles pour respecter la logique durable promue en 2025. Les traitements phytosanitaires doivent être limités et ciblés : lutte intégrée, filets anti-oiseaux et rotations culturales préviennent le perte de rendement.
Surveillance sanitaire : vérifier l’absence de taches foliaires, de dépérissement racinaire ou de nématodes. En cas de symptômes, isoler les plants atteints et appliquer des mesures correctrices (amélioration du drainage, désinfection du matériel). Pour une exploitation commerciale, tenir un registre des interventions et des observations permet de tracer les traitements conformément aux bonnes pratiques et certifications possibles.
Insight final : un tableau de bord simple (date, intervention, observation) augmente la précision des décisions culturales et réduit les erreurs répétées.
Reproduction, variétés et optimisation de la récolte
La réussite du projet passe par le choix des variétés adaptées au contexte local. Les fraisiers remontants et non-remontants ont des cycles différents : les remontants fournissent plusieurs vagues de récolte, les non-remontants offrent souvent une production plus concentrée et volumineuse. Pour une exploitation amateure, mixer quelques pieds de chaque type permet d’étaler la récolte.
La reproduction via bouturage garantit l’identité variétale ; pour diversifier le capital génétique, prévoir l’introduction de plants certifiés tous les 3–4 ans afin de limiter l’accumulation de virus. L’analyse coûts/bénéfices montre qu’un investissement initial réduit (plants autoproduits) compense par une main-d’œuvre accrue pour le suivi et la sélection.
Exemple de fil conducteur : Lucie, gestionnaire d’un petit collectif urbain, a multiplié ses pieds par bouturage et a obtenu une augmentation de 60 % de la surface productive en deux ans. Grâce à un calendrier d’entretien et une sélection des stolons les plus vigoureux, la qualité gustative est demeurée stable et la rotation annuelle a réduit l’incidence des maladies fongiques.
Insight final : combiner multiplication domestique et apports ponctuels de plants certifiés optimise à la fois le budget et la résilience sanitaire de la culture.
Synthèse technique et recommandations pratiques
Le bouturage du fraisier constitue une solution efficace et peu coûteuse pour renouveler et augmenter sa production. Les méthodes par stolons et par eau offrent des taux de réussite élevés si la période, le substrat et les soins post-plantation sont correctement respectés. Les intervenants sont invités à standardiser leur protocole, à consigner les résultats et à privilégier des substrats à faible empreinte carbone lorsque cela est possible.
Recommandations pratiques : planifier les interventions entre juin et octobre, utiliser un terreau drainant avec compost mûr, maintenir une humidité stable, et documenter chaque lot de plants pour faciliter la traçabilité. Enfin, l’équilibre entre reproduction domestique et recours ponctuel à des plants certifiés demeure la stratégie la plus robuste pour conjuguer économie, conformité et performance.
Architecte passionné de 43 ans, je conçois des espaces alliant fonctionnalité et esthétique. Mon expérience m’a permis de mener divers projets ambitieux, toujours avec une attention particulière au détail et à l’innovation.



